*L'asileL'asile*« L'homme est une prison où l'âme reste libre »*Victor Hugo**

*L‘asileL‘asile*«  L‘homme est une prison où l‘âme reste libre »*Victor Hugo**





Bonjour, je commence ici une fiction toute folle, puisque c'est dans un asile et dans l'imagination d'une demoiselle que ce récit prendra vie. Mais, gare aux effets secondaires, car après cette lecture, il se peut bien que vous soyez à votre tour interné(e).
Vous voilà prévenu(e)s.

FICTION EN PAUSE LES MECS
Mais vous pouvez aller voir mon autre fiction : the-human-circus

<3N-C-I-S-4-E-V-E-R<3boulevard-des-stars-x<3Tout-Jap<3Louise666 <3

Je demande une OVATION pour Abby-June qui m'a magnifiquement redécoré mon blog <3 Et qui a un super blog pour les habillages :)

Cordialement,
C.


© Par propriété exclusive de l'auteur, la copie et les utilisations partielles ou totales de son travail sont interdites; conformément aux articles L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle.

# Posté le jeudi 16 avril 2009 06:18

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 16:03

*CHAPITRE 1CHAPITRE 1*« On n'utilise pas la quasi totalité de notre cerveau. Si on veut, on peut être encore bien plus cons. »*Inconnu**

*CHAPITRE 1CHAPITRE 1*« On n'utilise pas la quasi totalité de notre cerveau. Si on veut, on peut être encore bien plus cons. »*Inconnu**






PREMIER




Emilie n'était pas comme les autres. Ne serait jamais comme les autres et n'avait jamais été comme les autres. Elle avait une personnalité borderline, ce qui signifiait qu'elle pouvait avoir un manque de confiance en soi, elle pouvait être dangereuse vis-à-vis d'elle-même, son humeur changeait assez fréquemment sans raisons apparentes et elle avait toujours eu des difficultés à se faire des amis. C'est pourquoi, à sa première rentrée des classes, quand sa maîtresse avait proposé un atelier de peinture, elle s'était exclamée :

__ Oh oui, je vais faire quelque chose d'heureux, car le monde est beau !

A la fin, quand la maîtresse releva les ½uvres des enfants, elle fut surprise de découvrir un corbillard noir et glauque devant un portail fermé. On ne s'était jamais vraiment rendu compte de cette particularité avant, on la trouvait juste un peu excentrique et soupe au lait, on disait qu'elle avait beaucoup d'imagination. Mais tout bascula, tout fut découvert, tout éclata en gros morceaux tranchants et blessants à ses douze ans, en cours mathématique.
Monsieur Puck, leur professeur de mathématique donc, leur avait demandé de tracer des ronds qui se croisaient entre eux afin de parvenir à une belle arabesque qu'ils colorieraient par la suite. Quand il passa près de son banc pour contrôler les travaux et leur avancée, quelle ne fut pas sa surprise de voir qu'elle s' « amusait » à s'entailler le pouce à l'aide de son compas.
Monsieur Puck, estomaqué, avait d'abord ouvert des yeux ronds et incompréhensifs, s'était tu quelques secondes, incapable d'articuler, étant témoin et même participant à une scène qu'il n'avait jamais imaginée ou vécue après trente-trois ans de bons et loyaux services dans le rectorat. Quelques secondes plus tard, se remettant à peine de ses émotions, il prit doucement la main de notre chère amie et lui susurra ces quelques mots :

__ Mademoiselle Emilie Dubois, je souhaite que vous m'accompagniez chez notre directeur, nous pourrons ainsi chacun, en adultes civilisés, expliquer certaines choses que je ne puis tolérer dans cette classe, qu'en dites-vous ?

Il avait bien sûr depuis longtemps eu des soupçons concernant la santé mentale d'Emilie mais aujourd'hui, ils venaient tous d'être confirmés, il était désolé qu'une si charmante élève aie des problèmes de maladie mentale mais qu'y pouvait-il ?Rien.
La classe était choquée de son acte sanguinaire mais elle était aussi soulagée que leur professeur, ce bonhomme au ventre proéminent et moulé dans sa chemise à carreaux bleus et beiges, approchant la soixantaine, les cheveux grisonnants et avec une autorité presque totale sur les occupants de cette sixième aie pris les choses en mains car elle faisait parfois un peu peur, Emilie.
Ce triste épisode déboucha sur l'internement de la jolie Emilie, alors âgée de douze ans. Les parents de cette dernière, catastrophés, se lamentaient bêtement sur leur sort en bêtes adultes qu'ils sont. Ils la regardaient de travers, en biais, avaient peur de croiser son regard, comme si elle était contagieuse. Contagieuse, c'était l'impression qu'Emilie ressentait, elle se sentait sale et désirait plus que tout quitter son corps mais hélas, trois fois hélas, c'étais impossible et elle fit alors ce qu'elle avait toujours fait : elle imagina.
Depuis sa plus tendre enfance, Emilie s'inventait un monde fantastique, où les bébés tombaient d'arbres à enfants et où tout le monde s'amusait. Dans ce monde, elle était la Sélectionneuse. Mais avant de vous expliquer ce que fait la Sélectionneuse et pourquoi elle fait cette sinistre tâche pourtant essentielle, commençons par le commencement, à la naissance des enfants sur Blue Illiae, son monde.
Il y avait, sur Blue Illiae, un immense arbre millénaire sur lequel il n'y avait pas de feuilles, non, bien mieux que de vulgaires feuilles qui tombent et meurent lentement en se dégradant de façon écoeurante et inexorable. Il y avait des bulles de la taille d'une pastèque et à la consistance d'un litchi écaillé sauf que ces bulles n'étaient pas blanches mais légèrement bleutées et entrelacées des lignes qui rappelaient de façon frappantes les veines que l'on porte sur la face intérieures du bras. Ces entrelacs veineux, comme nous les appelleront, étaient blancs et brillaient d'une lumière continue et calme. Le seul moment où ces « veines » se mettaient à augmenter en luminosité jusqu'à ce qu'on doive plisser les yeux pour continuer à apercevoir l'½uf, c'était à la naissance, à ce moment, le blanc devenait si intense, si beau, que l'on en restait hébété, on en avait les larmes aux yeux à contempler tant de simplicité et de majesté. Alors, l'½uf tombait, la lumière disparaissait tout à fait et un bébé aux yeux d'un magnifique bleu qui variait en fonction de la personne apparaissait dans un nuage de fumée grisâtre en pleurant, comme presque tous les nouveaux nés.
Millie, c'était le nom d'Emilie sur Blue Illiae, n'était pas sortie d'un ½uf bleu pour la simple et bonne raison qu'elle était Sélectionneuse. Les Sélectionneuses, il n'y en avait qu'une à la fois, sortaient d'un ½uf, par où d'autre voudriez-vous sortir, mais cet ½uf était noir et ses entrelacs veineux étaient rouge sombre, presque comme le sang à la différence que dans ce rouge se baladaient on ne sait pourquoi des poussières noires à peine visibles à l'½il nu. On reconnaît facilement une Sélectionneuse car sur son thorax, en plein milieu, du diamètre d'un bracelet et aussi noir qu'un corbeau, il y avait un rond grossier et indélébile.
Depuis la nuit des temps, les Sélectionneuses étaient craintes mais respectées. Elles faisaient passer les Blues, les habitants de Blue Illiae, d'une étape de leur vie à l'autre, d'un monde à l'autre. Il y avait trois étapes, la première était bien sûr le jeune âge qui allait jusqu'à la fin de la puberté, le second l'âge moyen qui s'arrêtait au trois quart de la vie environ, et le troisième comprenait ceux que l'on appelaient gentiment les Anciens Jeunes. Si j'ai dit que les Sélectionneuses les faisaient également passer d'un monde à l'autre c'est parce que les trois classes de cette communauté de Blues ne vivaient pas ensemble. Les jeunes étaient dans un endroit qui avait tout pour ressembler au paradis : herbe riche, fruits en abondance, petits ruisseaux frais et tumultueux et surtout des camarades de jeux à profusion. Seule la Vieillarde les éduquaient, leur apprenaient l'empathie et la vie en collectivité.
Emilie avait incarnée sa grand-mère maternelle, décédée l'année avant son internement, dans la Vieillarde. Rolande, sa grand-mère, avait toujours dit que sa fille, la mère d'Emilie, était une personne idiote qui se prenait pour une grande dame pleine de sagesse et d'enseignements.
Une petite peste qui a grandi trop vite, voilà ce qu'elle est devenue, chevrotait-elle souvent à l'oreille de sa petite fille, ne devient jamais comme elle, prends le temps, ne saute pas d'étape, devient une jeune femme honorable. Ton père aussi est un raté, un stupide homme, mais on ne peut pas lui en vouloir, il était corrompu d'avance, vu que c'est un homme, poursuivait-elle en ricanant.
Emilie, elle, s'amusait des paroles un peu séniles de sa grand-mère indignée, mais l'aimait beaucoup car elle non plus, n'appréciais pas trop et ne comprenait pas plus Josiane et Marc, ses parents.

Mais revenons au monde des Jeunes. Donc, c'était la Vieillarde qui les éduquait, et à la fin de cette éducation, ce qui se terminait le plus couramment entre quinze et vingt ans, la Sélectionneuse les prenaient à part, affolé, le désigné comprenait et résigné, acceptait de mauvaise grâce d'aller dans le monde du Milieu. Alors, le cercle sur la poitrine de la Sélectionneuse grandissait, s'élargissait jusqu'à se détacher du corps et former un grand tunnel sombre où le futur adulte s'introduisait prudemment, pas rassuré le moins du monde et avançait jusqu'à ce qu'il soit là où il devait aller.
Millie n'avait jamais compris pourquoi y avait il tant de détresse dans leur regard quand ils devaient partir. L'inconnu faisait il donc si peur ? L'aventure n'était elle pas préférable à la routine ?
Il n'y avait qu'une Sélectionneuse par monde, et Millie serait elle-même envoyée vers le monde du Milieu quand la prochaine Sélectionneuse tombera de l'arbre et la désignera, c'était le cours naturel des choses. Alors pourquoi...pourquoi ont-ils tous peur ?
Ah oui, bien sûr...les amis. Ils ont peur de quitter leurs camarades de jeux, de ne plus les revoir, d'être seuls et abandonnés. D'être comme moi, pensait Emilie, car être Sélectionneuse équivaut à en effet ne plus avoir d'attache stable, être continuellement seule...
À ses pensées, Emilie avait pris un air triste, car même dans la vraie vie, elle n'avait pas eu de vrais amis.
« Mais alors il faut que je m'en fasse », pensa t'elle soudain en ouvrant grand ses beaux yeux couleur topaze liquide, en plus, changer d'air est l'occasion idéale pour moi, oui, je vais me faire des amis, poursuivit elle toute heureuse de cette conclusion.

__ Emilie, il faudrait que tu te couches maintenant. Demain sera une grosse journée.

Josiane avait prononcé ces quelques mots sans amour, comme un robot, croyant que sa fille était stupide, sans doute.


Une fois de plus, maman, tu as tout faux. J'aimerais tant que une fois, une fois seulement, tu me prennes dans tes bras, que tu me dise que tu m'aime, que tu es fière de moi, que tu m'admire, une fois, une seule, remplis ton rôle, s'il te plait maman chérie.

__ Oui, d'accord Josiane.

Sa mère crispa ses mains quand elle entendit son prénom, elle détestait qu'Emilie l'appelle ainsi, et elle savait pertinemment qu'elle le faisait juste pour l'embêter.

__ Bien, articula t'elle d'un ton qu'elle voulait apaisant, bonne nuit, poursuivit-elle en fermant la porte, sans un regard pour Emilie.


Emilie regarda la porte quelques secondes, sans rien dire.


__ Bonne nuit, murmura Emilie, fait de mauvais rêves.

Cette nuit là, Emilie rêva d'amis futurs et de farces avec eux, elle rêva qu'une marraine magique venait la chercher à Blue Illiae et que cette marraine changeait le cerveau de ses parents. Cette nuit là, Emilie rêva de bonheur.


__ Bonjour Emilie, lança une voix gaie mais inconnue. Lève toi, on va te présenter aux autres, poursuivit l'agréable voix féminine.

Emilie ouvrit péniblement les yeux sur sa chambre claire, inondée de soleil, et sur la jeune infirmière qui venait la réveiller.

__ Je m'appelle Audrey, j'espère qu'on s'entendra bien vu que je te réveillerais tous les matins et que ce sera moi qui te ferais prendre tes médicaments, dit elle d'une voix guillerette et pleine de malice.

__ En effet, ce serais dommage que vous m'empoisonniez d'une trop forte dose, répliqua Emilie en souriant.

__ Ah oui, ce serait dommage, dit Audrey, hilare.

Une fois habillée et présentable, Audrey emmena Emilie dans la grande salle et la présenta aux autres internés.

__ Bonjour tout le monde, commença t'elle d'une voix portante, tout d'abord, j'espère que vous avez passés une bonne nuit...

__ Ouiiiiiii, répondirent tous en ch½ur les internés.

__Bien, je voudrais vous présentez Emilie, elle est nouvelle, elle a douze ans et c'est un ange. Elle a une personnalité borderline, elle peut donc avoir des humeurs changeantes, des relations humaines délicates, un manque de confiance en soi-même et aussi des comportements auto agressifs. Mais elle est a-do-rable et je suis sûre que vous l'accepterez sans difficultés.

Un murmure d'assentiment parcoura la trentaine de personne présentes.

__ Parfait ! Alors, qui veut se présenter en premier ?

Personne ne semblait disposé à le faire, sans doute par timidité mais après quelques secondes silencieuses, une main se leva.

__ Moi, je voudrais me présenter.

__ Mets toi debout, Tommy, et vas y.

Un garçon d'une douzaine d'année, à la peau mate et métisse se leva.

__ Bonjour Emilie, je m'appelle Tommy, comme Audrey vient de le faire remarquer, j'ai treize ans, je suis atteint de schizophrénie, il avait parlé sans émotions, en laissant des espaces entre ses bouts de phrases.

Son bref discours était d'une monotonie ahurissante.

__ Merci Tommy, qui veut continuer ?

D'autres personnes se sont présentées mais seul Tommy intéressait Emilie, elle l'observait comme une bête de foire, il l'intriguait car il était assez fascinant, à travers ce masque dépourvu d'émotions on sentait un manque d'énergie, une lassitude décourageante.


_____


Cordialement,
C.

# Posté le mercredi 15 avril 2009 10:09

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 12:57

*CHAPITRE IICHAPITRE II*"La conscience ne trompe jamais; elle est le vrai guide de l'homme: elle est à l'âme ce que l'instinct est au corps."*Rousseau**

*CHAPITRE IICHAPITRE II*"La conscience ne trompe jamais; elle est le vrai guide de l'homme: elle est à l'âme ce que l'instinct est au corps."*Rousseau**







SECOND






******__Salut, commença t'elle timidement.

******__Salut, répondit il du même ton monocorde que tout à l'heure.

******__Euh en fait, j'aimerais que tu m'expliques en quoi ça consiste, la schizophrénie.

******__Pourquoi, attaqua t'il soudainement et méchamment, toi aussi tu veux me tuer, c'est ça, continua t'il, hystérique. ******Je vous déteste, tous, tous, Tobie avait raison, Tobie avait raison !


Il hurlait, les aides-soignants sont arrivées et l'ont obligé à avaler un médicament, il s'est calmé d'un coup,ses yeux sont redevenus ternes, il était de nouveau d'une platitude assommante, décourageante. Emilie était pétrifiée.


******__Ce n'est pas de ta faute, tu sais, dit Audrey à Emilie d'un sourire triste, ça lui arrive, parfois et c'est ce qu'on ******essaye [de combattre en lui faisant prendre des médicaments antipsychotiques.

******__Qu'est ce que les médicaments antipsychotiques ? Questionna t'elle, encore sous le choc.

******__Ce sont des médicaments qui parviennent à bloquer la transmission de dopamine, la dopamine est le ******précurseur de l'adrénaline, dans le cerveau et à abréger l'évolution des hallucinations et du délire, lors des ******phases aiguës.

******__Qui est Tobie, Tommy faisait allusion à lui lors de son...délire.

******__En fait, les personnes atteintes de schizophrénie entendent dans le plupart des cas des voix dans leur tête, ******c'est ce qu'on appelle une hallucination. Ces voix les tourmentent, les font souffrir. Elles peuvent l'accuser, ******lui donner des ordres, le contrôler, le menacer. Tobie est le personnage fictif qui est incarné dans cette voix. ******Il lui donne l'impression qu'il est persécuté, en danger, qu'on veut le tuer, ou qu'il est responsable des ******malheurs dans le monde. C'est ce qui s'appelle le délire. Nous essayons de faire « disparaître » Tobie, ainsi, ******Tommy aura une vie normale.


******-Oh d'accord, je crois que j'ai à peu près compris, merci Audrey, dit elle pensivement.

Emilie était plongée dans ses pensées, elle s'était replongée dans Blue Illiae.
Millie était assise dans la forêt, près du cours d'eau principal. Elle observait avec curiosité, la tête tournée vers le haut, le
soleil qui tentait de poindre à travers l'épais feuillage. Le soleil dessinait le contour des feuilles en or liquide, c'était magnifique. Quelques faibles rayons lumineux ricochaient contre le cours d'eau en un arc en ciel, il ne faisait pas trop chaud car une brise légère caressait la forêt de son souffle apaisant.
Millie s'était allongée sur le dos, les jambes repliées, elle se sentait bien. Elle allait sommeiller lorsqu'un bruit de pas étouffés par la mousse la fit sursauter.

******__Qui est là ?

Un garçon de douze ans voire treize apparut devant elle, l'air gêné.
Millie fut frappée par sa ressemblance avec Tommy. Mais il ne faut pas oublier que c'est dans son imaginaire que ce déroule cet événement, cette ressemblance a donc sûrement été soigneusement préparée par son subconscient.

******__Bonjour Sélectionneuse, il avait pris un air hardi, je te demande de me transférer dans le monde des
******Adultes.


Millie était sidérée. Personne de mémoire de Blue n'avait jamais demandé à aller là où il ne pouvait pas encore être.

******__Comment t'appelles tu ?

******__Maël, dit il fièrement en relevant le menton.

******__Bien, Maël, et pourquoi veux tu aller dans le monde des Adultes, c'est une histoire de fille?

******__Oh non
, s'exclama t'il indigné, sans vouloir t'offenser Sélectionneuse, aucune fille ne mérite qu'on fasse ******cela pour elle.

******__Appelle moi Millie, dit elle gentiment.

******__Bien Millie.

******__Alors, pourquoi veut tu être transféré ?

******__En fait, j'ai un double, il s'appelle Nathanaël, hier, tu l'as transféré et sans lui je me sens tout nu, il me ******disait toujours ce que je devais faire, et maintenant...maintenant je ne sais plus quoi faire
, en prononçant ces ******paroles, il s'était transformé : de fier et sans peur il était devenu un gamin pleurnichard et effrayé.

Il y avait peu de doubles sur Blue Illiae, les doubles, tant qu'ils étaient encore dans l'½uf, ressemblaient à deux fruits collés l'un à l'autre avec une barrière entre chaque double.
Millie eut un éclair de génie. Maël était Tommy dans sa vie et Nathanaël était Tobie. Maël n'arrivait pas à se séparer de Nathanaël et idem pour Tommy envers Tobie.
Millie était certaine que si elle arrivait à convaincre Maël qu'il ne devait pas partir, c'est qu'elle arriverait aussi à faire partir Tobie de l'esprit enfiévré de Tommy.

******__Et comment ce fait il que vous ne soyez pas partis ensemble, puisque vous êtes double ? Questionna t'elle l'air de rien.

Il réfléchit.

******__Je pense que Nathanaël était plus mûr et meilleur que moi, oui, c'est forcément ça.

Millie se retint de frapper sa main contre son front.

******__Peut-être était il plus mûr mais je ne pense pas qu'il soit meilleur, tout le monde est unique en son genre ******et tu est certainement meilleur que lui dans l'une ou l'autre discipline de...

******__Non, je ne crois pas,
la coupa t'il, oups, pardon Millie, reprends, s'excusa t'il confus.

******__Donc, tu es meilleur dans une catégorie d'activité, cela ne fait aucun doute mais je pense qu'il y avait une ******autre raison à cette séparation...

Elle mit volontairement un suspens, histoire de créer une ambiance.

******__Laquelle, demanda t'il, dévoré de curiosité.

******__Je pense que votre relation à ton frère et toi était malsaine, lâcha t'elle sans émotions.

******__Mal...malsaine ? Interrogea t'il, incrédule.

******__Oui, j'estime qu'il n'est pas normal que tu sois sous la dépendance de ton frère. Tu es une personne à part ******entière bon sang ! Ressaisis toi Maël !


Le concerné était pensif, sans réactions.

******__Mais il faisait ça pour mon bien, tenta t'il, penaud.

Millie laissa échapper un gros soupir de frustration.

******__Et pour le transfert, demanda t'il, c'est d'accord ?

Millie le regarda, bouche et yeux grands ouverts.

******__Pardon ? Je pense que je n'ai pas bien entendu, dit elle d'un air menaçant.

******__Et ben, je me disais que malgré tout ce serais bien que...

******__Non mais tu es pourri jusqu'à la moelle ou quoi
, hurla elle, je m'évertue à t'expliquer que cette relation n'est profitable qu'à ton frère et tu...et tu...tu me déprime Maël, j'espère que tu en es conscient.

Maël se dandinait d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. Millie avait prononcée ses dernières paroles d'un ton froid, dur, glaçant, paralysant.

******__Mais, et tes amis, tu as pensé à leur réaction lorsqu'ils sauront que tu es parti ? Tu y avais pensé ? Poursuivit Millie.

Maël fit mine de ne pas comprendre.

******__Tu as bien des amis ? Dit elle comme pour s'en persuader elle-même.

******__Et bien, fit il en se tortillant comme pour s'y dérober, tu sais, Millie, je ne pouvais pas abandonner mon frère lorsque j'allais jouer alors...Enfin, tu comprends ?

******__Tu as délaissé tes amis pour ton frère
, dit elle, horrifiée.

******__Non, bien sûr que non, je n'ai jamais eu d'amis, répondit il sur le ton de l'évidence.

Millie était consternée. Jamais eu d'amis. Ce garçon lui rappelait par bien des points sa propre existence. Mais une idée germa dans sa tête, et plus elle y pensait, plus elle se disait que c'était une bonne idée.

******__Et si, puisque je n'ai pas le droit de t'envoyer là où tu ne peux pas encore être, si on devenait amis ? Elle avait prononcé le dernier mot d'une voix hésitante.

Maël réfléchi, pesa le pour et le contre, puis, voyant qu'il ne trouvait pas d'arguments négatifs à cette amitié nouvelle, accepta avec joie en se jetant dans ses bras.
Bonheur, quand tu nous tiens.
Millie se sentait pousser des ailes, aurait franchi des montagnes et terrassée des méchants. Elle avait un ami, enfin. Elle poussa un cri de joie. Elle n'était plus seule, elle ne serais plus jamais seule. Une page venait de se tourner, Millie venait de renaître.
Une courte mélodie lui monta à la tête, elle lui était familière mais elle n'arrivait plus à se rappeler où elle l'avait entendue. Quelques douces et légères notes de musiques lui emplirent la tête, la firent suffoquer. Mais d'où connaissait elle cette musique?

Elle émit un gargouillement incontrôlé et vomit de la bile amère.
C'était une voix connue mais sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre de visage qui lui chantait cette étrange chanson qui la faisait se tordre de douleur à présent. Mais quelles étaient les paroles, c'était quelque chose du style:

"Esprit du corps,
Esprit de l'âme,
Esprit du silence et du drame."

Elle avait la tête qui tournait. Elle tomba à terre. Juste avant de sombrer pour de bon dans l'inconnu, elle se souvint des bonnes paroles, elle étaient de mauvaises augures, la prévenaient du danger. Il ne faut jamais rien cacher à la personne que l'on apprécie, les conséquences peuvent être...redoutables.

"L'esprit du tort,
l'esprit du mal,
l'esprit du Malin
et celui du drame,
si un jour, les trois premier son rassemblés, le quatrième, sans crainte, peut arriver."

Cet avertissement brutal, cette prophétie, cela était trop pour Millie qui s'évanouit. Dans un autre monde, dans un autre temps, Emilie tomba aussi dans l'obscurité.

Nathanaël, un prénom d'ange, me direz-vous, un prénom enjoleur, charmeur, qui ferait rêver plus d'une.
Illusion, tromperie.
De parfait, il n'a que l'apparence. Son âme est habitée par les plus noirs démons, les plus viles pensées, les plus douloureuses tortures. Son esprit tortueux regorge de méchanceté et de fourberie. C'est le Diable. Lucifer, Blésébuht.
Une danse psychédélique se formera quand il rejoindra les Enfers, une danse de bienvenue.
Et qui sait, peut-être est il capable de faire vomir quelqu'un, de le tuer à feu doux.
Qui sait, peut-être mettra t'il fin à l'équilibre, à l'âge d'or de Blue Illiae.
Et si il n'était pas l'ange, mais le démon.
Et si sa première victime s'appelait Millie.
Et si Nathanaël et Tobie ne formaient qu'une seule et même personne.
Et si...


________

Cordialement,
C.

# Posté le jeudi 16 avril 2009 15:29

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 12:44

Anorexie, un enfer sans fin. Enfin, si, il y en a une.

Anorexie, un enfer sans fin. Enfin, si, il y en a une.
-Hep, garçon !
De longs doigts filiformes à peines soutenus par un bras squelettique se dressèrent devant moi. C'étaient les miens.
-Oui, madame a choisi ?
Lui aussi, me regardait avec dégoût, répulsion. Mais il restait poli.
-Une patate bouillie. Pas trop grosse, la patate.
« C'est déjà trop, tu le sais. »
Saleté de conscience.
-Et avec ça, questionna t'il, visiblement mal à l'aise.
-Rien. Et puis, finalement, une demi patate bouillie.
Le serveur me regarda avec incompréhension. Et avec ça, ça se dit cinq étoiles ? Pour un restaurant de luxe, je m'attendais à un autre service.
Manger. Cette idée me faisait froid dans le dos. C'était Joe, mon agent, qui m'y avait conduit, pour ma cinquantième couverture de « Elle ».
J'ai remarqué qu'ils avaient retouchés la photo. Comme d'habitude. Ils y avaient fait disparaître les coudes saillants, tout ce qui faisait trop « squelette ».
J'ai pris cent grammes. Mauvais tout ça, je vais me faire engueuler.
Pauvre Anne...Je mange en pensant à elle aujourd'hui, je me force en sa faveur.
« Sous poids considérable, 'ai rarement vu ça » avait dit cette saleté de docteur. « Mort par insuffisance de tout » avait il ajouté.
Je m'étais habillée ample, histoire de ne pas trop attirer l'attention avec mes quarante-cinq kilos pour un mètre soixante quinze. Raté.
Mes joues creuses, mes traits tirés pas des régimes draconiens, mes seins difficilement perceptibles, ces parties presque inexistantes, tant elle ont diminuées, de mon corps faisaient qu'on me jetait des regards gênés.
Saloperie de monde.
Anorexie...Ce mot trottait dans ma tête. Depuis quelques temps je me répugnais moi-même. Je pensais à moi, plus jeune, il y a quelques années, luttant contre ce fléau. J'étais belle, à cette époque, j'étais un peu plus épaisse, aussi.
La mode, ce tourbillon infernal où l'on vous jette un regard méchant quand on finit son assiette, quand on ne fait pas un vingt deux et demi en taille de vêtements, comme moi.
Le mannequinât où on ingurgite un repas par jour : une cuillère à café de riz, pour tenir le coup, et une pomme, pour la santé.
Parlons en de ma putain de santé, je devrais déjà être depuis perpète dans un hôpital spécialisé, avec une dizaine de seringues remplies de substances nutritives dans les bras. Je devrais.
J'ai toujours eu maladivement peur des piqûres.
N'empêche, je me demande où il auraient trouvé la place de piquer ces chiures de piqûres.
Intéressante question.
-Maman ? C'est un mort vivant ?
Un petit ange de cinq ans avait posé un peu trop fort pour mes oreilles cette question à une maman mal à l'aise.
Morte vivante. Non, les morts vivants ont plus de graisse que moi, je me qualifierais plutôt de squelette vivante.
Enfin, vivante, c'est à vérifier.
Ah, la demi patate est là. Mais...non, c'est impossible !
-Vous avez mis de la sauce avec ma pomme de terre, hurlais je hors de moi.
Le pauvre serveur bégaya quelque chose d'inaudible.
-Quoi ? Continuais-je furieuse.
- Mais, c'est ce qu'on...c'qu'on fait toujours M'dame, répondit il troublé.
-Et bien vous allez me remballer cette patate et me la ramener sans sauce, c'est compris, avais je dit d'un ton froid et sans réplique.
De la sauce, mais c'est une aberration. Ils veulent m'empoisonner, ou...ou se sont mes rivaux qui leur ont dit ça !
C'est ça, ce sont de sales collabos, ils cherchent à me faire grossir. Oui, c'est ça !
Il faut que je sorte, il faut que je sorte !
J'avais raison, je ne devais pas manger. Manger est mauvais, manger est mauvais, maigrir est bon.
Je sors de ce restaurant où j'étouffe, respirant avec délice l'air frais, presque froid du dehors. Ah ah, ils ont ratés leur coup, ces vauriens, ils ne m'auront plus, plus jamais !
Enculés, fils de pute,...
Oh, je ne sens plus mes jambes, je n'ai...je n'ai plus de force...Je m'écroule, oui, je tombe sur l'asphalte humide et frigorifié.
J'ai...j'ai faim. Non, pas faim, je n'ai jamais faim.
« Si, j'ai faim ! »
Saleté de conscience, elle me perdra.
Je vois trouble, mon estomac gargouille tandis que me vue se brouille, devient noire.
Non, pas noire, devient blanche, aveuglante de clarté, je ne sens plus rien.


THE END.




Cordialement,
C.



P.S: ce texte ne fait pas partie de l'histoire, c'est une courte nouvelle.

# Posté le jeudi 23 avril 2009 14:56

Modifié le samedi 27 juin 2009 11:06

*CHAPITRE IIICHAPITRE III*"De mille saveurs, une seule me touche lorsque tes lèvres effleurent ma bouche."*AaRon / Le tunnel d'or**

*CHAPITRE IIICHAPITRE III*"De mille saveurs, une seule me touche lorsque tes lèvres effleurent ma bouche."*AaRon / Le tunnel d'or**





TROISIÈME




Millie était plongée dans un espace blanc. Ses sens ne lui répondaient plus, seule une voix familière résonnait, la prévenait d'une menace imminente. Elle se sentait comateuse. Elle interrogeait tandis que la voix répondait.

Qui est t'il ?

« Les traits de son visage sont d'une machiavélique douceur et sa candeur atteint l'apogée de l'horreur. De tout son être s'échappe une fragrance mi florale : envoûtante, captivante, légèrement capiteuse et avec une pointe d'insolence, mi animale : virile, puissante, presque violente. Il est l'essence du plus exquis des parfums, du plus recherché des bouquets. Des effluves étourdissants endorment la méfiance du malheureux mortel qui inhale l'odeur ses cheveux aux reflets des plus beaux automnes. Ces cheveux qu'on voudrait toucher, respirer, manger.
Tu ne pourras, et cela est fort compréhensible, détacher tes pauvres globes oculaires de sa dangereuse attraction. Mais malgré cette impudente beauté, il reste et restera ton ennemi le plus mortel, le plus dangereux, le plus formidablement retors.
Son paraître est son plus habile atout. Ni griffes, ni armes. Seule sa touchante magnificence et sa malhonnêteté lui permettent d'arriver à ses fins obscures.
Quand on plonge dans l'univers de ses yeux du plus limpide des bleus, on peut lire le désir de la destruction, de la méchanceté pure et simple.
Et quand son sourire, Ô combien magnifique, illumine son visage de mille et une étoile, une anesthésie sans réveil te prendra, te fera étirer le coin de tes lèvres béatement, sans soucis, ignorant le danger qui te guettera alors.
Pauvre Maël, il est l'innocent agneau sacrifié à quelque divinité sanglante. Il a été manipulé odieusement, au-delà de l'outrage. Et à travers lui, tu courre un grave danger.
Le pire des parjures, le plus fidèle fils du mal, a signé de son propre sang la perte des Sélectionneuses et Maël sera le couteau qui leur arrachera le c½ur.
Ce ne sera pas de sa faute, pauvre enfant, il sera juste l'outil d'une monstrueuse machination imaginée par un esprit dérangé. »

Sa réelle odeur ?

« Si l'on compare son odeur à son être et non à son paraître, elle est composée de relents putrides, d'émanations de corps en putréfaction, du plus vil des mensonges et de fleurs pourries. Mais j'oubliais les viscères arrachés depuis des mois, les poubelles de riches puants, le doux parfum du rat crevé. Le pet de la moufette, le vomi du nouveau né, l'odeur des couches-culottes.
Mais te le dire ne t'avanceras à rien, car à la vue de Nathanaël, mes paroles seront oubliées depuis longtemps, l'ensorcellement commencera et rien n'est moins sûr que tu puisse t'en détacher un jour.
Car sache-le, le loup se déguise en mouton dans le troupeau de brebis niaises.
Soit-en sûre, tu ne lui échapperas pas. Quand tu comprendras dans quel piège nébuleux tu es tombé, tu ne feras rien.
Tu seras hypnotisée. Tandis que ton instinct lui-même se sera plié aux règles de son monde, tu baveras, oui, tu baveras à ses pieds.
Tu le supplieras d'effleurer ta joue, d'y déposer un fugace baiser. Tu prétendras être sa favorite, qu'il t'appelle « Beauté ». Tu jalouseras celles qui ramasseront l'un de ses cheveux, celles qui hier encore étaient tes meilleures amies deviendront tes pires rivales. Il est le serpent qui te propose la pomme.
Et tu mordras, Oh oui, crois-moi, tu mordras.
Et quand l'acidité de sa chair te fera hurler, crier, te tordre de douleur, quand tes gencives rougiront et que tes dents pourriront, tu laisseras le jus dégouliner sur ton menton, tu le laisseras attirer les guêpes ; tu te feras piquer avec allégresse.
Mais tu resteras aveugle à son vice, victime d'un charme, d'un sortilège puissant. C'est ça, c'est un sorcier, un mage noir sorti des abysses du temps.
Tu continueras tes courbettes stupides, tes commentaires élogieux, tu baveras toujours, Emilie.
Et c'est là qu'il commencera à assouvir sa jouissance profonde. Il te démembrera peu à peu, il arrachera tes os et les jettera aux bull-dogs. Il te traînera en laisse et te fera signer le pacte du Diable. Il te condamnera à l'errance.
Là encore, tu seras sourde à tout échappatoire, à toute échelle vers la Liberté.
Ce n'est que lorsqu'il te crachera dessus, ce démon idyllique, que l'amertume de sa présence se fera sentir. Que tes yeux recouvreront la vue, que tes oreilles retrouveront leurs tympans.
Mais le mal sera fait.
Tu rêveras chaque nuit de ses mains, de ses cheveux, de son sourire, et de tant d'autres choses qu'un jour, tu croyais posséder. Des cauchemars dans lesquels il partira sans retour te hanteront et tu sombreras peu à peu dans une folie douce où Il serait là, à tes côtés, aimant et attentionné envers toi.
Tu oublieras les tortures et les injustices, seule la douceur de sa peau te reviendra en mémoire lorsque tu penserez à lui. Tu iras alors le trouver, tu le supplieras de redevenir sa bonniche servile et sans cervelle, l'anesthésie recommencera alors, il t'opérera le c½ur, le broiera, le pétrira sans pitié comme un enfant qui joue avec de la pâte à modeler, qui la malaxe. Tu pleureras, Emilie, mais jamais, Ô grand jamais, ce ne sera de la faute de ce chérubin, de ce cher ange, proclameras tu à tes proches.
Un ange mon cul, oui !
S'il a été ange, il ne l'est plus. Mais cet ange déchu te fera tourner la tête, tu tourneras tellement que quand le manège s'arrêtera, tu vomiras tes tripes, tu chieras tes espoirs, tu pleureras tes peines.
Tu deviendras un ectoplasme, l'ombre de toi-même. Tu arrêteras enfin de te voiler la face, ce dieu ne pouvait t'appartenir, tu n'es que mortelle.
Tu baisseras les yeux, consciente de ta stupidité, tu n'oseras plus regarder tes amis, tu mourras à petit feu.
Alors, seulement, Il sera heureux. Il éclatera de son rire en cascade qui te faisait vibrer les tympans, il plongera ses yeux dans la mare desséchée des tiens, il s'abreuvera de tes soucis. »

Non, je ne laisserai jamais faire ça.

« Que tu crois, tu penses être maîtresse de ton destin, responsable de tes choix ?
Tu te trompes lourdement. Face à Nathanaël, ta volonté perdra sa raison d'être. Ton existence même sera remise en question. Tu seras un pantin qu'il désarticulera sans remords. »

Tu mens, je ne te crois pas.

« À ta guise, je t'ai donné mon avis, mon monde. Blue Illiae est entre tes mains, Emilie, cèderas-tu à la tentation, croqueras-tu la pomme ? »

Non, je ne faillerai pas à ma tâche.

« Bien, je te laisse à présent découvrir tout cela. Après tout, ce sera ton histoire, tes déboires, tes yeux qui deviendront insalubres. Mais n'oublie pas : Il est l'araignée et Maël la toile.
Nous sommes les insectes. »

Quel était le malaise que j'ai eu?


"C'était moi. Comment aurais-je pu te prévenir de tout cela autrement?
Sache que le Tout est aussi visible que le Néant. Je suis dans chaque molécule que tu inspire, dans chaque atome que tu mange, dans chaque millimètre que tu inspectes. Je suis la Mère et la Fille. L'Eau et le Feu. Mais je te mets une fois de plus en garde, Emilie, ne te fie pas aux apparences."

Et la voix familière s'estompa. Emilie était de nouveau seule dans une infinité de blanc.
Le timbre qui lui parlait, elle le connaissait depuis longtemps, elle en était certaine. Mais d'où, oui, d'où la connaissait t'elle ?

Et jusqu'où pourrait elle contrer Nathanaël?





Cordialement,
C.


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# Posté le mercredi 22 avril 2009 10:33

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 16:09